LUMINEUX

DES PROJECTEURS AU-DESSUS DU STADE, UNE NUISANCE BIEN AU-DELÀ DU TERRAIN

Au départ, l’éclairage du stade était présenté sous la toiture, ce qui permettait au moins d’en contenir une partie. Désormais, les projecteurs sont annoncés sur des poteaux dépassant la toiture d’environ 2,5 mètres.

Ce n’est pas un détail. Placées au-dessus du bâtiment, les sources lumineuses seront davantage visibles depuis les alentours et pourront diffuser leur lumière vers le ciel, les lisières du bois et les habitations voisines.

POUR LES CHAUVES-SOURIS, L’OBSCURITÉ EST UN HABITAT

Le massif forestier voisin, ses lisières et le plan d’eau constituent des milieux utilisés par une faune qui vit principalement la nuit.

Les chauves-souris sont particulièrement sensibles à l’éclairage artificiel. Certaines espèces évitent les zones éclairées au point qu’une succession de sources lumineuses peut interrompre leurs corridors de déplacement, réduire leurs terrains de chasse ou les contraindre à abandonner certains secteurs.

Et ce n’est pas parce que quelques espèces chassent autour des lampadaires que la lumière leur est favorable : les espèces les plus tolérantes profitent parfois des insectes attirés par les lampes, tandis que les espèces lucifuges, souvent plus fragiles, s’en éloignent.

Pour la faune nocturne, une lisière éclairée n’est plus la même lisière.

TOUTE LA CHAÎNE NATURELLE EST CONCERNÉE

Les insectes nocturnes sont attirés par les éclairages, s’y épuisent et deviennent des proies faciles. Les amphibiens, oiseaux et mammifères peuvent également voir leurs rythmes et leurs déplacements perturbés.

Éclairer davantage cette zone ne touchera donc pas une seule espèce : c’est tout l’équilibre de la nuit que l’on modifie.

Et pendant que la Wallonie encourage les communes à réduire la pollution lumineuse et à préserver des trames noires, ici on ferait apparaître un nouveau point lumineux puissant à proximité immédiate d’un massif boisé et a fortiori d’une zone Natura 2000.

ET LES RIVERAINS DEVRONT EUX AUSSI VIVRE SOUS CETTE LUMIÈRE

La pollution lumineuse ne s’arrêtera évidemment pas à la lisière du bois.

Des projecteurs dépassant la toiture seront également davantage perceptibles depuis les habitations environnantes.

Pour les habitants qui ont choisi ce secteur précisément pour son environnement rural et ses nuits encore relativement sombres, cela signifie des soirées transformées par un éclairage artificiel intense à chaque utilisation nocturne du stade.

Après le bruit et la circulation, la lumière entrera elle aussi dans le paysage quotidien des riverains.

UNE CONTRADICTION DE PLUS

On nous avait présenté un éclairage sous toiture.

Il se retrouve maintenant 2,5 mètres au-dessus.

La question n’est donc pas de savoir si les promoteurs promettent que les projecteurs seront « bien orientés ». Il faut connaître précisément leur puissance, leur orientation, leur température de couleur, leurs horaires d’extinction et surtout le niveau de lumière qui atteindra réellement le bois, le plan d’eau et les habitations.

Parce qu’en matière de pollution lumineuse, une promesse ne se mesure pas. Des lux, oui.

Protéger un bois, ce n’est pas seulement conserver ses arbres. C’est aussi conserver l’obscurité dont sa faune a besoin pour vivre.

Et protéger la qualité de vie des habitants, c’est également leur permettre de conserver des nuits qui ressemblent encore à des nuits.

UN STADE A BESOIN DE LUMIÈRE QUELQUES HEURES. LA FAUNE NOCTURNE ET LES RIVERAINS ONT BESOIN DE L’OBSCURITÉ TOUTES LES NUITS.