Le projet de stade de l’Union Rochefortoise à la Tour de la Famenne :

UN PROJET HORS D'ÉCHELLE DONT L’AMPLEUR CONTRASTE AVEC LE PEU D’INFORMATIONS AUJOURD’HUI ACCESSIBLES AU PUBLIC.

Photographie d'un panneau présenté publiquement par le porteur de projet le 1er juin 2026, prise avec l'accord des organisateurs lors de cette présentation. Reproduction à des fins d'information. Ce document correspond à la version présentée ce jour-là et ne préjuge pas de la version finalement déposée.

Avec un stade de 8000 places, un hôtel, une brasserie (supprimée aux dernières nouvelles), des infrastructures sportives, des espaces VIP et plus de 1500 emplacements de stationnement annoncés (164 pl joueurs,VIP et média + 192 pl. VIP et supporters + 1175 pl pour supporters), le projet apparaît particulièrement imposant au regard du site choisi.

Malgré cette ampleur, les informations accessibles au public restent très limitées. À ce jour, notre association ne dispose ni du dossier complet, ni des plans détaillés, ni de l’étude d’incidences finalisée. L’essentiel des éléments connus a été communiqué oralement lors d’une présentation aux riverains, accompagnée de quelques panneaux et visuels que nous avons pu photographier. Depuis, une deuxième réunion a eu lieu entre les riverains proches du stade, le porteur du projet et en présence des Bourgmestres (Marche, Somme-Leuze et Rochefort). Étonnamment, aucun représentant de Marche n’a été convié, ni même informé.

En rouge ci-dessous, les dernières évolutions du projet portées à notre connaissance

UN VASTE COMPLEXE SPORTIF, HÔTELIER ET ÉVÉNEMENTIEL est envisagé au pied de la Tour de la Famenne, à proximité immédiate d’Aye, de Waillet, du centre de Marche-en-Famenne, du home "Douce Quiétude" et de plusieurs espaces naturels et habités.

La présentation ci-dessous restitue donc aussi fidèlement que possible les informations annoncées, mais elle ne permet pas encore de mesurer précisément les dimensions, le fonctionnement et les conséquences réelles du projet. Pour un ensemble susceptible de transformer aussi profondément ce secteur, ce manque de documents vérifiables et de données détaillées ne peut qu’alimenter les inquiétudes et les interrogations.

UN STADE PROFESSIONNEL DE 8 032 PLACES

La version annoncée comme étant étudiée dans le cadre de l’étude d’incidences prévoit un stade répondant aux normes de l’UEFA et de la Pro League, d’une capacité de 8 032 spectateurs.

Le complexe accueillerait également :

  • le centre administratif et le centre d’entraînement de l’Union Rochefortoise (uniquement pour l'équipe première, toutes les autres resteront à Rochefort si on s'en réfère au FAQ publié par le Bourgmestre de Rochefort)  ;

  • des espaces Business et VIP ;

  • huit terrains de padel, dont un terrain central ;

  • des activités de fitness, yoga, Pilates et bien-être ;

  • des espaces destinés à la danse, à l’escalade ludique et au paramédical.

L’avant-projet présenté lors de la réunion d’information préalable prévoyait encore un stade d’environ 8 750 places, douze terrains de padel, un centre médical et un hôtel de 70 chambres.

Si certains éléments ont été réorganisés ou réduits, le projet demeure un complexe particulièrement volumineux, composé de multiples activités destinées à fonctionner au-delà des seuls besoins d’un club de football.

Photographie d'un panneau présenté publiquement par le porteur de projet le 1er juin 2026, prise avec l'accord des organisateurs lors de cette présentation. Reproduction à des fins d'information. Ce document correspond à la version présentée ce jour-là et ne préjuge pas de la version finalement déposée.

UN HÔTEL **** + UNE BRASSERIE 200 COUVERTS

L’hôtel, initialement prévu à proximité immédiate du stade, serait finalement implanté sur la parcelle située de l’autre côté de la N4.

Le projet évoque désormais un hôtel**** de 100 chambres (qui vient de passer à un hôtel *** de 120 chambres), accompagné d’une brasserie pouvant accueillir environ 200 personnes (La brasserie est pour l'instant supprimée).

Ce déplacement ne réduit donc pas réellement l’ampleur globale du programme : il étend au contraire le projet sur deux parcelles séparées par la N4. L’ensemble formerait un véritable pôle sportif, hôtelier, commercial et événementiel appelé à fonctionner tout au long de l’année.

ENVIRON 1 500 PLACES DE STATIONNEMENT : UN NOMBRE CONSIDÉRABLE, MAIS POTENTIELLEMENT TRÈS INSUFFISANT

Le stationnement serait réparti entre deux secteurs principaux.

À proximité immédiate du stade, le parking nord serait limité à environ 368 places (356 pl au dernières nouvelles), auxquelles s’ajouteraient quelques emplacements pour les bus. De l’autre côté de la N4, un vaste parking de délestage, présenté comme un « hub de mobilité », pourrait accueillir environ 1175 véhicules.

Au total, plus de 1500 emplacements seraient donc aménagés. Ce chiffre est considérable par l’espace qu’il mobilise et par l’affluence automobile qu’il laisse présager. Il paraît pourtant relativement faible au regard d’un stade pouvant accueillir jusqu’à 8000 spectateurs, surtout lorsque l’on tient compte des besoins propres à l’hôtel de 120 chambres, aux activités sportives et aux autres événements organisés sur le site.

Une partie de ces places devra nécessairement être occupée par le personnel, les clients de l’hôtel, les sportifs, les visiteurs, les véhicules de service, les médias ou encore les équipes et leurs accompagnateurs. Le nombre de places réellement disponible pour le public du stade pourrait donc être nettement inférieur au chiffre annoncé.

Selon les promoteurs, le parking sud devrait capter les véhicules avant leur arrivée aux abords du stade et éviter le stationnement dans les quartiers voisins. Mais en l’absence d’un plan de mobilité complet et vérifiable — précisant notamment le taux de remplissage des véhicules, les navettes, les transports en commun, les cheminements piétons et la gestion des périodes de forte affluence — rien ne permet encore de garantir que ce dispositif sera suffisant.

UNE ACTIVITÉ DÉPASSANT LARGEMENT LES MATCHS DE FOOTBALL

La saison officielle s’étendrait approximativement d’août à mai, avec une vingtaine de rencontres à domicile par an. Les matchs seraient principalement organisés le week-end, mais certaines rencontres pourraient également avoir lieu en soirée pendant la semaine.

Les estimations présentées varient selon le niveau atteint par le club :

  • en Challenger Pro League, les affluences envisagées vont approximativement de 1 000 à 3 000 spectateurs ;

  • en Pro League, elles pourraient atteindre de 3 000 à 8 000 spectateurs.

Le site ne serait toutefois pas limité au calendrier footballistique. Il resterait actif durant la trêve hivernale et entre les rencontres grâce aux nombreuses activités sportives, médicales, commerciales et de loisirs prévues.

Les promoteurs évoquent également :

  • des tournois internationaux de padel ;

  • des activités sport-santé ;

  • des événements pour les jeunes ;

  • des journées d’entreprise ;

  • des « Family Days » ;

  • des festivals de foodtrucks ;

  • des retransmissions sur écran géant ;

  • éventuellement des concerts.

    (Lors de notre dernière réunion, il a été formulé que les 3 derniers points seraient annulés. Encore faut-il que le fait soit confirmé en étant intégré à la demande de permis)

Même si leur fréquence est annoncée comme limitée, ces événements montrent que l’objectif est bien de faire du site un lieu d’activité permanent, et non un stade utilisé uniquement quelques jours par mois.

Photographie d'un panneau présenté publiquement par le porteur de projet le 1er juin 2026, prise avec l'accord des organisateurs lors de cette présentation. Reproduction à des fins d'information. Ce document correspond à la version présentée ce jour-là et ne préjuge pas de la version finalement déposée.

UN IMPOSANT VOLUME BÂTI

Les représentations montrent un stade entièrement entouré de tribunes et intégré dans un important volume construit.

La hauteur maximale annoncée serait d’environ 17 mètres (redescendu à 14,90 m mais pas partout...), à comparer aux 63 mètres indiqués pour la Tour de la Famenne. Cette comparaison ne permet cependant pas, à elle seule, d’apprécier l’effet réel d’un bâtiment aussi large dans son environnement immédiat.

Les panneaux indiquent par ailleurs que l’emprise sur la zone forestière aurait été réduite entre l’avant-projet et la version actuellement étudiée, passant, selon les chiffres communiqués, de 16 800 m² à 4 900 m².

Cette diminution constitue une adaptation du projet, mais elle confirme également qu’une partie de l’ensemble resterait implantée au détriment d’un espace forestier. La portée réelle de cette réduction devra être appréciée à partir des plans précis et des documents officiels.

Photographie d'un panneau présenté publiquement par le porteur de projet le 1er juin 2026, prise avec l'accord des organisateurs lors de cette présentation. Reproduction à des fins d'information. Ce document correspond à la version présentée ce jour-là et ne préjuge pas de la version finalement déposée.

ÉCLAIRAGE, EAU ET AMÉNAGEMENTS ANNONCÉS

L’éclairage du terrain serait installé sous la toiture du stade, plutôt que sur de grands pylônes. Cette solution est présentée comme un moyen de mieux contenir la lumière. (!!!! Depuis, cette solution a été modifiée au détriment des riverains et de la faune locale, et ce seront des poteaux de 2,5 m au-dessus de la toiture qui éclaireront le terrain)

Les panneaux présentés ne donnent toutefois aucune information précise sur :

  • la puissance de l’éclairage ;

  • les horaires d’utilisation ;

  • les périodes d’extinction ;

  • les effets possibles sur les habitations, le paysage et la faune nocturne.

Concernant la gestion des eaux pluviales, le projet prévoit notamment des parkings partiellement infiltrants, des noues, des zones de temporisation, des bassins et des aménagements de zones humides, accompagnés de plantations.

Ces dispositifs sont présentés comme des mesures environnementales positives. Leur réalisation nécessiterait pourtant elle aussi une emprise supplémentaire sur le site. D’après les implantations montrées lors de la présentation, certains bassins et aménagements hydrauliques seraient créés dans des secteurs actuellement boisés, ce qui impliquerait de nouvelles coupes d’arbres en zone verte (=zone forestière au plan de secteur).

Il ne s’agit donc pas uniquement de mesures venant compenser les constructions, les voiries et les parkings : elles peuvent elles-mêmes entraîner une transformation et une artificialisation supplémentaires du milieu existant. Leur efficacité réelle devra dès lors être mise en balance avec la perte de surfaces boisées, d’habitats naturels et de sols actuellement capables d’absorber une partie des eaux de pluie.

Photographie d'un panneau présenté publiquement par le porteur de projet le 1er juin 2026, prise avec l'accord des organisateurs lors de cette présentation. Reproduction à des fins d'information. Ce document correspond à la version présentée ce jour-là et ne préjuge pas de la version finalement déposée.

LA RICHESSE ÉCOLOGIQUE DU SITE EST RECONNUE. MAIS POUR LA FAUNE ET LA FLORE, AUCUNE SOLUTION CONCRÈTE.

Les panneaux consacrés à la biodiversité reconnaissent eux-mêmes une sensibilité écologique importante sur une partie du périmètre nord.

Ils mentionnent notamment :

  • des forêts feuillues anciennes ou non remaniées depuis plusieurs décennies ;

  • l’observation de nombreuses espèces d’oiseaux ;

  • la présence de mares et d’amphibiens ;

  • des lisières et fourrés feuillus ;

  • des zones de recolonisation forestière ;

  • des secteurs potentiellement favorables aux reptiles.

La proximité de plusieurs zones Natura 2000 est également représentée.

La parcelle sud est décrite comme présentant un intérêt écologique plus limité, notamment parce qu’elle est déjà partiellement utilisée comme parking ou occupée par de jeunes stades forestiers. Elle serait néanmoins profondément transformée pour accueillir le parking principal et l’hôtel.

La présence de milieux qualifiés de sensibles dans les documents mêmes du projet renforce la nécessité d’examiner avec prudence le choix de cette implantation.

(Lors de la dernière réunion, le représentant de la société Aries qui est chargée de l'étude d'incidence a également confirmé la présence d'espèces protégées comme la rainette verte, les chauves-souris, certains lézards, des orchidées sauvages. Par contre, les mesures pour les protéger, elles, n'ont pas été évoquées.)

Photographie d'un panneau présenté publiquement par le porteur de projet le 1er juin 2026, prise avec l'accord des organisateurs lors de cette présentation. Reproduction à des fins d'information. Ce document correspond à la version présentée ce jour-là et ne préjuge pas de la version finalement déposée.

SÉCURITÉ ET COHABITATION AVEC LES RIVERAINS

Le porteur du projet annonce plusieurs dispositifs en cas d’accession au football professionnel :

  • un responsable chargé des relations entre le club et les supporters ;

  • un conseil consultatif local ;

  • des réunions avec les riverains et les autorités ;

  • un périmètre de sécurité ;

  • une séparation des groupes de supporters ;

  • des caméras de surveillance ;

  • une présence policière les jours de match.

Ces dispositions sont présentées comme des garanties de bonne cohabitation. Elles montrent néanmoins que les risques liés aux déplacements de supporters, à la sécurité, au stationnement et aux débordements dans les quartiers voisins sont bien identifiés par les promoteurs eux-mêmes mais fortement minimisés lors de la présentation aux seuls riverains proches.

À ce stade, il s’agit principalement d’engagements généraux. Leur efficacité dépendra des moyens réellement mobilisés et des obligations concrètes qui seraient imposées dans le cadre d’une éventuelle autorisation.

Photographie d'un panneau présenté publiquement par le porteur de projet le 1er juin 2026, prise avec l'accord des organisateurs lors de cette présentation. Reproduction à des fins d'information. Ce document correspond à la version présentée ce jour-là et ne préjuge pas de la version finalement déposée.

GESTION DE LA MOBILITÉ

La question de la mobilité a été relativement peu développée lors de la présentation aux riverains. Selon le porteur de projet, le réseau routier local permettant d’accéder au stade serait suffisant pour absorber les flux liés aux matchs et aux autres activités du site. Il est également estimé que les arrivées et départs ne devraient pas provoquer de files directement sur la N4.

Pour éviter que les supporters ne se dirigent vers les villages et les quartiers voisins, la solution présentée repose notamment sur l’installation de barrières à certaines entrées de villages. Celles-ci seraient contrôlées par des stewards. Les riverains disposeraient d’un pass leur permettant de franchir ces dispositifs durant les périodes de restriction.

Une place importante est d’ailleurs accordée aux stewards, qui seraient déployés en nombre suffisant pour orienter les véhicules, canaliser les supporters et assurer le bon fonctionnement des différents dispositifs de circulation.

La liaison piétonne entre les deux côtés de la N4 a également été évoquée. Pour permettre aux supporters de rejoindre le stade en sécurité, il est envisagé de poser des barrières le long du trottoir afin de canaliser les flux piétons, ceux-ci empruntant le passage situé sous la N4 tandis que la circulation automobile continuerait à utiliser cet axe.

Dans l’ensemble, les solutions exposées reposent donc principalement sur des mesures de gestion ponctuelles et humaines : barrières, contrôles d’accès, orientation des supporters et intervention de stewards.

En revanche, peu d’éléments concrets ont été présentés concernant les volumes de circulation attendus, les itinéraires réellement empruntés, la gestion des pics d’arrivée et surtout de départ, ou encore les conséquences sur les voiries environnantes.

La mobilité semble ainsi avoir été abordée de manière particulièrement sommaire, au point de donner l’impression que le problème est largement sous-estimé, voire minimisé. Pour un équipement appelé à concentrer plusieurs milliers de personnes sur un laps de temps très court, les réponses apportées restent étonnamment légères : barrières, stewards, pass pour les riverains et canalisation des piétons. À ce stade, l’écart entre l’ampleur des flux annoncés et la simplicité des solutions présentées est difficile à comprendre. Faute de données chiffrées solides, de simulations de trafic et d’un véritable plan de circulation, la question de la mobilité ne paraît pas réellement maîtrisée.

UN PROJET ENCORE LARGEMENT PRÉSENTÉ PAR SES INTENTIONS

Les panneaux exposés aux riverains permettent de mieux comprendre l’ambition du projet. Ils mettent surtout en avant les aménagements annoncés mais pas les mesures compensatoires envisagées ni les bénéfices attendus.

Ils ne permettent pas non plus d’évaluer de manière complète et indépendante la réalité du projet, ses dimensions exactes, son fonctionnement quotidien ni la pertinence de son implantation à cet endroit.

Notre association considère qu’un complexe d’une telle ampleur ne peut être apprécié uniquement à travers des images de présentation et des déclarations d’intention.

Cette page sera actualisée lorsque les plans complets, l’étude d’incidences et les documents officiels seront accessibles. Elle vise à restituer fidèlement ce qui a été présenté aux riverains, tout en rappelant qu’à ce stade, de nombreuses questions essentielles restent sans réponse.